Jusqu'à présent, la communication de l'opérateur historique a été très succincte. Didier Lombard, le patron d'Orange, a simplement confirmé la distribution de l'iPhone lors d'une visite à Hanoï (Vietnam). Une annonce au débotté, comparée à celles, plus complètes, d'O2 en Grande Bretagne et T-Mobile en Allemagne.

Orange n'a pas encore précisé la date de sortie, le prix de vente de l'appareil (probablement 399 euros), les abonnements qui l'accompagneront, ni ses éventuelles spécificités (a priori aucune, même pas de logo Orange sur le téléphone).

Un rapport de force différent avec Orange

L'opérateur, répondant à ZDNet.fr, n'exclut pas que l'iPhone ne soit pas du tout présenté sur l'Apple Expo. Mais l'option d'organiser une conférence de dernière minute n'est pas non plus écartée.

Selon nos informations, le contrat de distribution est bien signé, mais les discussions entre Apple et Orange sont très difficiles sur les derniers détails. Rappelons que l'opérateur historique n'a pas hésité, par le passé, à qualifier le groupe américain d'« arrogant », dissimulant à peine, des négociations tendues.

Apple fait face à son premier opérateur qui détient 45 % de parts de marché de la téléphonie mobile. Le rapport de force n'est donc pas le même qu'avec AT&T aux États-Unis qui occupe 25 % du secteur, O2 en Grande-Bretagne (25 %) ou T-Mobile en Allemagne (38 %)
Comme nous l'évoquions récemment, la firme de Steve Jobs demande aux opérateurs de jouer un rôle réduit dans la distribution de l'iPhone. L'interface du téléphone reste aux couleurs d'Apple et l'utilisateur doit disposer d'un compte iTunes Store pour activer l'appareil. Un compte qui servira pour facturer les éventuels futurs achats de musique ou de vidéos à transférer sur le téléphone. Habituellement, Orange assure lui-même la facturation de l'ensemble des services, dont les téléchargements de musique ou de sonneries, sur lesquels il prend une marge.

Par ailleurs, le contrat exclusif de distribution d'Apple est d'une durée de deux ans, ce qui s'est traduit chez AT&T par un engagement de deux ans pour l'abonné. Un engagement délicat à tenir pour Orange, alors même que le gouvernement français négocie avec les opérateurs afin qu'ils réduisent à un an la durée des contrats de téléphonie mobile.
Enfin, Apple réclame un reversement des revenus générés grâce à l'iPhone qui irait de 10 à 40 %. Autant de points sur lesquels les deux partenaires peinent manifestement à s'entendre.



Par Christophe Guillemin, ZDNet France